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Invité
de
whiskycircus - Jeudi 21 septembre
2006
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Mark
Reynier!
Mark
Reynier est le "Managing Director" de la
distillerie Bruichladdich.
Cette interview vidéo a été
effectuée dans le cadre du Paris Whisky Live 2006 au Palais
Brongniart le 18/09. Mark nous parle de son dernier rejeton, le PC5! Merci M. Reynier.
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Invité
de
whiskycircus - Dimanche 27 août 2006
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Yves
Cosentino!
Yves
est tombé dans le fût de whisky dès le
début
de sa carrière en marketing et il a eu la
chance de ne
travailler que sur des marques de whisky; et de whiskey
dorénavant puisqu'il est actuellement manager en marketing
chez Bushmills.
Et
pour nous prouver
qu'il adore ce breuvage et tous les types de distillation, il nous
ouvre ce soir un single grain et un Lowland. Merci Yves!
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Voila
c’est fait. I have done the deed. Je suis sur le point
d’envoyer mon premier billet aux collègues de
Whiskycircus. Je suis satisfait parce que même
s’ils ne le
publient pas, au moins j’aurai tenu parole…
même si
j’ai pris mon temps. Je devrais être content : une
ligne de
moins sur ma project list. Mais pour une raison que j’ignore,
c’est un léger blues tonight qui me tient
compagnie pour
cette dégustation… ainsi que 2 bouteilles que
j’ai
ouvertes spécialement pour l’occasion. Pas des
bouteilles
d’exception, ni vraiment très rares ni franchement
chères, mais que j’avais envie d’ouvrir
depuis un
petit bout de temps. Voila qui est fait.
Seul.
On
the night. Girlfriend partie. Derniers drams avant de reprendre
sérieusement l’entraînement pour le
marathon la
semaine prochaine. Dire Straits (Communiqué) flotte dans
l’air chaud. Canicule a Londres. Hyde Park c’est le
Kalahari. Le meilleur moment c’est la nuit à la
fenêtre, avec un bon verre, un bon disque et des amis avec
qui
partager tout ça. Manque plus que ces derniers. Donc
ambiance
légèrement mélancolique. Les freins
des trains de
banlieue crissent sur les rails.
Je
commence par un single grain. Parce que personne n’en parle,
a part John Glaser et les Japonais de Nikka
avec leur grain de café. Et parce que sans bon grain, pas de
bon
blend et qu’au fond de moi, je suis un vrai fan de blends.
Parce
qu’on n’a pas besoin de leur raconter des salades
et de les
emmener dîner avant de se vautrer avec eux dans le plaisir
coupable.
North British
single grain
1994 43° (distilled 17/11/1994, bottled 2/11/2005 –
embouteillage Signatory Vintage pour LMDW)
Ca
me
démange un peu de parler d’un whisky qui ne vient
pas tout
à fait de mon étable comme on dit ici
(distillé
par North British, qui est une distillerie co-détenue par Diageo,
mais embouteillé par SV). Mais je n’ai pas le
choix : il
n’y a pas d’embouteillage officiel de NB que je
connaisse
(ou alors en version peut-être non
commercialisée,
voir sur whiskyfun ici).
Alors c’est parti avec ce Signatory.
Couleur
: Jaune très pale. Citronnade. A la lumière de
mon écran…
Au premier nez,
c’est une note très nette - même si
légère - de noix de coco. Sucre. Vanille. En
arrière-plan, ça picote un peu. Solvant
très
léger. Note ténue de caoutchouc, bateau de plage
gonflable Sévilor, bassine en plastique (j’adore).
Progressivement,
la vanille se fait plus huileuse, synthétique.
C’est
très caractéristique d’un single grain
a mon avis -
ou d’un bourbon avec les tonnes de caramel, le sirop
d’érable et les noix de pécan en moins.
Le
côté huileux du bois domine, avec beaucoup de
sucre.
Passons
à
notre deuxième candidat. Il s’agit d’un
malt
distillé et mis en bouteille par les bons soins de mon
groupe… qui a décidé de se
séparer de cette
distillerie il y a quelques années. Voyons donc si on
n’aurait pas fait une bêtise.
Bladnoch
10 yo 43° (embouteillage officiel UDV/Diageo – gamme
Distillery Malts, alias « Flora & Fauna collection
»)
Couleur
: Noisette.
Le premier nez
est
un peu alcooleux, même s’il y a aussi un peu plus
de
matière ici que dans le NB. Vin blanc très
boisé
et herbacé (pour moi, un Chardonnay argentin). Citron et
beurre.
Ben ça alors. Le tout disparaît hyper vite.
Dommage.
C’est moi ou c’est le whisky ?
Plus
de
gras au deuxième nez. Avec une petite note organique
(poubelle
d’hier que l’on vide le jour
d’après…
un soir d’été). Une note
fruitée
apparaît au fur et à mesure. Le bois est toujours
présent.
C’est
étonnant. L’alcool reste toujours plus
présent que
dans le NB… alors qu’ils titrent tous deux 43
degrés.
Je
retourne vers le NB pour vérifier. Et j’aime de
plus en
plus ses notes de caoutchouc Sévilor…
désormais il
faut aller les chercher plus au fond du verre. Souvenir des mes
vacances chez mes grands-parents et la plage en Bretagne quand
j’étais petit (quand j’étais
plus jeune, en
fait. Je ne suis toujours pas très grand).
Si
on
fait attention, elles tranchent à travers la vanille et le
bois
en fin d’inspiration. C’est la première
fois que je
me rends compte de l’étagement des
arômes au nez,
sur une même inspiration… d’habitude
j’y vais
plus par petites touches. La c’est marrant d’y
aller un peu
plus franco.
En bouche,
le NB est très fluide. Corps léger. Donne
l’impression de s’évaporer
immédiatement
après avoir avalé la gorgée. Il laisse
la bouche
très fraîche. Floral et citronné, avec
une
légère et plaisante amertume
immédiatement en fin
de bouche : Eau de mélisse des Carmes Boyer, sur un sucre.
Très élégant et frais. Comme une eau
de vie de
fruit, ou une belle vodka (ça me brûle les doigts
et
m’arrache le cœur de dire ça, mais
j’ai pas
trouvé mieux).
Entre
temps, le Bladnoch
s’ouvre doucement, comme l’orchidée
sauvage qui orne
son étiquette (je suis un vrai fan des packs Flora &
Fauna.
Peut-être parce que je suis un affreux marketeur,
j’ai
toujours du mal à acheter un whisky dont je ne trouve pas la
bouteille jolie).
Au
nez, le
côté sucré et parfumé se
développe au
fur et a mesure. Rose? Comme les Loukoums du haut du placard de la
salle à manger, qui pour moi sentaient aussi un peu la
peinture
fraîche du placard à la maison. Bizarre
d’ailleurs
parce que je ne me rappelle pas que ce placard ait jamais
été peint, ou repeint... mais bon, ce
n’est pas
plus bizarre que de sentir la noisette ou le praliné dans
les
gaz d’échappement (pour le diesel uniquement, le
super
d’antan, c’est encore plus
envoûtant… comme la
fraise chimique des BN, puissance 10).
Au
fur
et à mesure, le nez s’amplifie, tout en conservant
une
jolie fraîcheur. Me rappelle quelque chose d’un
Amontillado
: touche de sel, sauce de soja et vinaigre balsamique avec une
fraîcheur de plateau d’huîtres ouvertes
avec les
demi-citrons… juste quand on entre dans la cuisine pour
faire
semblant de vouloir aider le soir du réveillon.
Un
peu
à court d’inspiration sur le Bladnoch, je reviens
sans
beaucoup d’attentes vers le North British… aha !
qui me
comble avec une note évidente de banane-bonbon. Odeur
chimique ;
sucrée, jaune et poudreuse. Je sens presque le grain sous la
dent et la texture légèrement
élastique. Et le jus
sucré sur la langue. Comment ai-je pu louper cette note au
départ ? C’est tellement évident
maintenant.
La
seule
déception c’est que maintenant le bateau
Sévilor
s’est dégonflé, ou alors le vent et les
vagues
l’ont emporté au large. Les bananes Haribo ont
gagné la bataille et règnent sans partage dans le
verre.
Retour
sur Bladnoch. Le nez a pris du muscle et de
l’étoffe. Du
panache peut être. Hello Cyrano. Pâte
d’amande (la
rose, pas la verte). Caramel un peu brûlé (le bord
du
moule a tarte auquel le sucre saupoudré a fait coller la
pâte brisée).
En
bouche, Highlander
est arrivé. Ce Lowland ressemble sinon a Braveheart, au
moins
à un fier Speysider. Plus boisé qu’il
ne
l’était au nez. De la mâche –
mais pas de
salade (j’ai horreur de cette expression en fait, mais je ne
recule jamais devant une blague facile).
En finale,
de jolies notes boisées et florales. Mais je rame pour leur
accrocher un poisson dans le dos avec un nom dessus.
M’énerve ça. Sucre sur le bout de la
langue.
Ensuite un peu d’astringence et un léger
picotement.
Sympa. Avec un peu d’eau pour finir mon verre, il devient
très sucré. Bois parfumé.
L’amertume a
disparu.
Il
me
reste un peu de NB pour finir cette session. Avec un peu
d’eau,
il révèle encore plus de fraîcheur et
d’acidité au nez. Devient presque
pétillant. Frites
acidulées… Décidément ce
soir, j’ai
du mal à sortir de chez le marchand de bonbons.
PS
- Je
m'exprime a titre personnel. Les opinions exprimées dans les
lignes qui suivent ne sont pas forcément celles de mon
employeur. Et je rappelle que le whisky est une source de plaisir tant
qu'il est consommé avec moderation."
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Invité
de
whiskycircus - Lundi 17 juillet 2006
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Jean-Marie
Putz!
Ah
Jean-Marie
Putz!! Sans lui la WCircus
Krew n'existerai pas, rien que
ça. Et oui, c'est le maître des lieux du site Whisky-Distilleries.info,
une mine d'informations en français et en anglais. Bien
sûr sans oublier le forum du
site qui est un passage bien
conseillé pour les amateurs de malts francophones.
Glen
Mhor Rare Malt 22ans
1979/2001 - 61°
|
Depuis
que j’ai appris par la presse électronique
spécialisée que les créateurs de ce
désopilant site whiskiesque ne reculaient devant aucun
effort
pour nous faire découvrir des aspects (heureusement) bien
cachés de la science du « blending »,
j’ai
rapidement compris que si je voulais apparaître ici,
j’avais intérêt à me
dépêcher
à produire mes quelques notes de dégustation.
Parce que
maintenant, non seulement le commun des mortels sait de quoi sont
capables ces joyeux lurons, mais en plus tout le monde sait
qu’ils font parfois bien peu de cas de leurs pauvres voisines
ni
de leurs bouteilles d’exception acquises à la
sueur de
leur front, donc je crains le pire.
Depuis la multiplication des plaintes pour tapage nocturne
jusqu’au kidnapping pour leur soutirer leurs bouteilles,
j’ai bien peur de les retrouver bientôt en prison,
à
l’hôpital ou alors quelque part au cœur
de la jungle
colombienne, bref quelque part d’où ils
n’auront
plus accès à leur site. Et donc, tant pis pour
mon petit
article que je leur avais promis (c’était avant
leur
dernière prouesse, il est vrai). Donc, branle-bas de combat.
Laissant joyeusement derrière moi les travaux de jardinage,
de
nettoyage et de vaisselle, et moins joyeusement ceux de mise
à
jour de mon site,
je me suis décidé à me sacrifier et
à
déguster un whisky à leur santé, et de
le
décrire du mieux que je peux ici…
Alors, quel whisky allons-nous choisir ? Difficile !
Procédons avec ordre et méthode. Le whisky vient
d’Ecosse, du moins en ce qui concerne le whisky
écossais.
Ca m’aide déjà beaucoup dans mon choix,
puisque je
ne possède que des whiskies écossais dont
quelques
irlandais. Mais je ne sais plus où j’ai mis ces
irlandais.
Donc, ma résolution est prise, va pour un
écossais.
J’ai une bouteille de Grant, mais elle n’est pas
ouverte
encore. Ici mon côté un peu pingre
apparaît (habiter
en Hollande et être passionné par
l’Ecosse,
ça laisse forcément des traces). Je
décide de
laisser ma bouteille de Grant précieusement dans
l’armoire, où elle se repose depuis de nombreuses
années maintenant, dans l’attente d’une
visite
d’un whisky-cocaïnomane qui passerait par un
malencontreux
hasard à la maison.
Humm … Ecosse. C’est quoi au fond
l’Ecosse, à
part une collection de montagnes et de lacs. De Ben et de Loch. Comme
je ne suis pas trop pour l’escalade, je pense que je vais me
tourner vers les lochs.
Qui dit loch écossais pense immédiatement soit au
Loch
Ness, soit au Loch Lomond. Le premier pour son monstre et le second
pour son capitaine Haddock. Nouveau dilemme. Quel choix
cornélien, entre un whisky du Loch Ness et celui de ce
sympathique marin expert en injures de toutes sortes. A la
réflexion, mieux vaut avoir affaire à un
tranquille
monstre des profondeurs qu’à un marin
excité, des
fois qu’ils liraient mon petit article. Ici une fois de plus,
on
voit quel courage m’habite… Il y a moins de
chances
d’être lu par un monstre du
pléistocène que
par un marin acariâtre, donc je choisis le monstre…
Je me rends donc dans ma réserve de bouteilles
écossaises
à la recherche du « Loch Ness single malt
»…
Aïe où l’ai-je mis, celui-là ?
J’aurais
dû choisir le Loch Lomond, parce je sais où il se
trouve…
Zut, pas de Loch Ness. Reste à chercher un whisky qui puise
son
eau dans le célèbre lac, au risque d’y
retrouver
une contribution dudit monstre. Un whisky brassé dans une
eau
qui pourrait contenir du pipi de monstre du Loch
Ness… Pas
évident à trouver non plus, mais comme il y avait
quelques distilleries du côté
d’Inverness avant que
la crise ne frappe par-là, et je jette donc mon
dévolu
sur un Glen Mhor (en hommage à une bien agréable
soirée en compagnie entre autres d’un
détracteur de
la technique consistant à mettre de l’eau dans son
whisky
à Paris il y a juste un an)… Merci Pierre pour
m’avoir aidé à arrêter mon
choix. |
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Alors, va pour le Glen Mhor Rare Malts, 22 ans,
distillé en 1979 et mis en bouteille en 2001 à
61°.
Le nez est
loin
d’être discret. Le monstre a du manger beaucoup de
fruits
ou de fleurs avant de participer à la production
d’un tel
whisky, où les notes florales le disputent à des
notes
boisées. Amertume et fraîcheur ne font pas
toujours bon
ménage, mais c’est pourtant l’impression
que me
donne ce nez au premier contact. Reste à le mettre
en bouche.
Voilà qui est fait !
|
Humm ! ici
c’est d’abord un peu
d’amertume, suivie par une vague de chaleur à
faire pâlir la canicule
fatale de 2003 (si je me souviens bien) et ensuite tout un monde de
goûts qui se développe doucement à
l’intérieur du palais.
Il y a des fruits, à la fois des pommes et des prunes, mais
aussi des noix d’acajou, tellement
j’hésite entre le
côté « nutty » et le
côté «
woody »… Entre le bois et la noix de cajou. Mais
toujours
très agréablement parfumé.
Bon, voilà que j’ai déjà
avalé.
C’est vrai que lire les impressions en bouche, ça
va tout
de même plus vite que de les écrire…
Mais
j’ai déjà eu le temps de relire tout
l’article, et cette impression de chaleur
agréable, avec
ses relents de noix et de bois, sa douceur maltée et sa
force
alcoolique sont toujours présents tout autour de ma langue.
Vraiment une très bonne bouteille.
Dommage que les distilleries d’Inverness soient
fermées.
Le monstre peut bien jouir de sa retraite
méritée. Il a
fait de l’excellent boulot.
Au passage, un grand coup de chapeau au gars de chez Diageo qui a fait
cette sélection. Je ne pense pas que tout soit à
mettre au crédit de Nessie. |
Invité
de
whiskycircus - Mardi 20 juin 2006
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Jean-Marie
Kovacs!
Jean-Marie
ne veut pas parler de ses bébés mais nous, nous
ne voyons
aucun inconvénient à le faire alors allez faire
un tour
sur notre commentaire du Laphroaig "One Shot" Jean Boyer!
Mais laissons-lui la parole.
Glen
Garioch 1975/1990
Collection personnelle
|
Embouteilleur
et importateur, passionné de l’Ecosse, de ses
hommes et de
son histoire, lorsque Whiskycircus m’a proposé le
micro,
j’ai choisi de ne pas parler des productions de notre
société Jean
BOYER,
afin que mon intervention ne soit pas interprétée
comme
une publicité. Les mauvaises langues diront sans
doute que
c’est plutôt parce que je n’ai pas pu
trouver parmi
nos produits un whisky qui vaille le moindre panégyrique. Je
ne
souhaite pas répondre à cette vile
pensée,
préférant me draper dans ma dignité et
regarder de
haut ces malfaisants, à supposer qu’il y en ait.
C’est pour la même raison que j’ai choisi
de ne pas
faire l’éloge d’un produit de mes
concurrents, ni
d’ailleurs d’en démolir un, ce qui, vous
pensez
bien, aurait été à la fois facile et
rafraîchissant, et m’aurait permis
d’assouvir
publiquement la soif de sang et de vengeance qui me brûle les
entrailles à l’encontre de ces
mécréants qui
osent faire le même métier que moi.
Voici donc une petite histoire presque réelle qui met en
valeur
un whisky vestige du passé qui n’existe plus que
chez nous.
Un jour de Juin 1990, arrive devant notre porte un camion qui livrait
… deux palettes de Single Malt 1975, de la distillerie Glen Garioch,
que nous n’avions pas commandées.
Les papiers que le chauffeur nous présentait mentionnaient
« free of charge ». (gratis, en Anglais dans le
texte)
Une lettre jointe nous indiquait qu’il s’agissait
d’un cadeau de Morisson
Bowmore Distillers,
qui, connaissant notre goût pour les whiskies de
caractère, avait décidé de nous offrir
les deux
derniers « Hogshead » du millésime 1975
de Glen
Garioch qui leurs restaient en stock. Ils nous remerciaient ainsi pour
notre travail sur Bowmore en France.
Tandis que jusqu’en 1978, Glen Garioch distillait un whisky
tourbé, celui-ci est ensuite devenu d’un
goût
classique pour la région, non tourbé par
conséquent. On nous offrait une sorte de relique de ce
passé où beaucoup de Highlands étaient
fumés.
Qui a déjà reçu deux palettes de
whisky de malt en
cadeau ? Séance tenante, la nouvelle fait le tour des
bureaux,
et bientôt le camion se trouve encerclé par tout
ce qui
est en âge de boire dans le secteur. Personne ne voulait
manquer
une seconde de cet événement insolite.
Nous désignons le plus sobre d’entre nous pour
procéder à la vérification de la
marchandise, et
sortir un échantillon de notre cadeau du véhicule
toujours immobilisé.
La bouteille extraite n’était pas
étiquetée.
On en sort une autre, toujours pas d’étiquette. On
ouvre
d’autres cartons, aucune bouteille n’est
revêtue du
morceau de papier réglementaire qui, seul, pouvait garantir
l’authenticité du breuvage qui nous
était offert.
Heureusement que la douane n’avait pas inspecté
cette
expédition ! (Si vous ne croyez pas, la photo jointe prouve
mes
dires à l’évidence).
Il ne restait que l’examen gustatif pour juger de la
qualité de ces flacons illégaux et de la
véracité des documents que le chauffeur nous
tendait
toujours, commençant à
désespérer de
pouvoir repartir rapidement, à la fois agacé et
intrigué par le délai qu’imposaient ces
opérations insolites, et la vingtaine de personnes qui y
assistaient. On finit quand même par décharger et
laisser
partir ce brave homme. Il devenait vital d’éviter
les
témoins...
Réunion générale ! et
dégustation sur le
coup de midi. Tant pis pour ce qui était prévu.
Primum
bibere ! (« d’abord boire ! » :
expression qui
vaudrait d’être immémoriale et de dater
la
découverte de l’alambic, mais que j’ai
inventé tout à l’heure.)
Il reste quelques bouteilles de ce malt unique. Je vous invite
à
revivre avec moi la suite de ce jour mémorable, en
regoûtant ce qui, vous verrez, est à tout le moins
un
précieux liquide.
Une lueur de curiosité gourmande aiguisée par
l’absence d’étiquettes se lit dans les
regards, et,
dès que l’homme de service a servi tout le monde
(nous
sommes 20), chacun se livre à son rythme au
cérémonial de la dégustation avec
l’appréhension et la ferveur de
l’archéologue
en extase devant sa dernière trouvaille juste sortie de
terre.
Extase ! Une
belle couleur
à dominante ambrée. Elle semble être
celle
d’un mélange synergique d’où
sortent des
rayons furtifs de tonalités contradictoires :
orangés,
verts, marron clair, jaunes paille. Une couleur concrète.
Feuillage d’automne. Elle annonce sans aucun doute un produit
terrien et complexe, appelant à la réflexion, une
synthèse d’arômes plus qu’un
goût.
Le nez
très
lisse confirme la couleur : de la tourbe, des notes
viandées, du
coriandre, des fleurs, du chocolat peut être, un je ne sais
quoi
de rugueux et roboratif. L’odeur évolue et laisse
juste
percer un vanillé subtil. Des éclats de prune
sortent
aussi de loin en loin de cet ensemble contradictoire
sucré-salé. Mélange de raffinement et
de
sauvagerie, avec l’odeur austère et presque
sulfureuse de
la tourbe des Highlands voisinant celle, aérienne et
fraîche, de la rose.
Devant un phénomène pareil, la
curiosité fait
place vite place au respect. On se concentre pour ne rien manquer des
fragrances qui se bousculent aux narines. La pièce se
remplit
des fins effluves que le whisky exhale. Petit à petit
l’étonnement nous envahit. On sort du
réel,
l’atmosphère devient quasi-mystique. Les mouches
se posent.
Garde à vous ! On met en
bouche
une noisette de cet esprit de malt. Une attaque franche sur
la
viande et la fleur mêlées
d’épices laisse
place à une puissante note tourbée qui monte
progressivement et se développe jusqu’en fin de
bouche,
à la limite de dominer le reste.
Des impressions exquises mais fugaces de fleurs, de prune et
d’épices - muscade, coriandre, une once de
chocolat -
jouent parmi nos papilles comme se succédaient à
nos yeux
les reflets colorés de ce whisky. La note viandée
essaie
de rendre soyeux cet ensemble indomptable mais finalement
très équilibré. Une interminable et
vigoureuse finale
de tourbe, de muscade et de fleurs met le point d’orgue
à cette symphonie.
L’ensemble est clairement un vigoureux produit de la terre,
sauvage, rustique, patiné et dompté par un
élevage
admirablement conduit. De superbes dissonances aromatiques. Une
pièce de Georges Gershwin.
On dit que les Highlands d’autrefois étaient
tourbés : s’ils étaient comme celui-ci,
on attend
avec impatience de pouvoir les savourer à nouveau.
Plusieurs distilleries des Highlands ont en effet succombé
récemment à la tentation délicieuse de
ce retour
aux origines par suite de besoins commerciaux certes, mais
légitimés – ô combien - par
la qualité
hors du commun de ce produit du passé.
Faut il donner une note ? je mettrai un sévère 18,5/20,
afin de garder un peu de marge pour des millésimes plus
anciens
de Glen Garioch qui se trouveraient sur le marché, ou encore
pour Brora, un autre Highland vestige produit lui aussi
à
partir d’orge maltée tourbée. Je suis
sûr que Serge
ne me démentira pas.
|
Invité
de
whiskycircus - Mercredi 24 mai 2006
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Régis
Bourgine!
Voilà un
passionné, un vrai! Depuis 1985, il déniche ses
vins (il est lui-même vigneron) et bien sûr les
whiskies qui seront sélectionnés collectivement.
C'est aux Caves de
Bécon à Courbevoie que
Régis et son équipe de professionels vous
accueilleront chaleureusement. Merci Régis!
Single Malt Guillon (France
- site ici)
46% finition Maury
|
Moi,
j'aime bien le
cochon, pas celui qui se tient mal à table ou qui se
comporte comme un goujat en société, mais le vrai
cochon, celui qu'on élève et puis qu'on mange !
L'élevage d'abord,
doit être traditionnel, en liberté et avec une
alimentation variée, le cochon est omnivore, ne pas l'oublier
Tout autre forme
d'élevage est stressante pour lui, source de pollution pour
les nappes phréatiques et les cours d'eau, sans parler de
nos narines ! Stress
également
pour
le producteur, pour mémo, cours du porc sur pieds au
18/05/06: 1,141 €/kg, soit une hausse de 0,002
€/dernière cotation. Moyenne
sur 12 mois: 1,177. Mais ces
chiffres cachent une
baisse constante des cours depuis une dizaine d'années.
Bref du bon vrai cochon, de
chez nous ou du Sud des
Pyrénées.
Souvenir ému d'une
fesse grillée à Chagny,
Mémoire
brûlante d'un boudin tout frais du côté
de Lourdes,
Papilles qui salivent en
pensant
aux tranches de jambon cru de Monsieur Ménini, vers Vic sur
Cère, minimum 6 mm d'épaisseur la tranche, sinon
"ça se goûte pas",
L'émouvante carte
postale que cette journée consacrée au Pieds de
cochon, dans sa capitale mondiale,
La belle digestion des tripes
cuites sur le poêle à bois pendant une
journée, en début de printemps jurassien,
L'image teintée
d'émotion de "pépère Fiquet" qui avait
fait sa célèbre terrine pour notre venue,
La riche saveur des
pâtés des cousines, là haut, aux
confins de la Haute Loire, de l'Ardèche et de la
Lozère,
Les côtes, dans
l'échine attention hein, que je fais griller pour des
tablées de 8 à 15 lors de mes séjours
de chantiers à Lancié
Bref, moi, c'est le cochon. Mon
esprit d'analyse si connu, mon incessant besoin de replacer les choses
dans une perspective historico-sociale, m'ont fait me replonger aux
origines de ce lien ,
|
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si courant dans
notre pays, entre l'homme et le cochon. Je
me
suis donc planté devant ma bibliothèque et j'ai
décidé de m'attaquer à La Collection
référente historiquement : Les aventures
d'Astérix le Gaulois ( Editions Dargaud, puis
Albert-René ) Ces
sangliers omniprésents m'auraient donné
faim
si je ne venais de sortir de table, sangliers...... mais
c'est bien sur !
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Le magnifique sanglier qui orne l'élégante (
enfin pour tonton Marcel et tata Simone hein... ) étiquette
du Guillon 46%vol, finition Maury me faisait un appel du groin.
Je verse donc la dose de
dégustation propre à soutenir une lecture si
ardue, soit environ 3 cl.
|
Nez
de fruits secs,
des céréales grillées du petit
déjeuner des enfants, de cannelle un peu rance, de poivre
blanc avec une touche de bois.
L'attaque
est doucereuse,
plutôt molle, d'un fruité un peu
poussiéreux la bouche est maigre,
fuyant sur des notes de seigle, de vodka qui piquent un peu
la finale est
persistante, sur
des notes de roses fanées qu'on retrouve en
rétro-olfaction.
Bref, j'avais meilleur
souvenir
des premiers lots de cette version et je pense maintenant, avec le
recul nécessaire à la mise en
perspective de l'analyse historique que Panoramix ne l'aurait
pas utilisé pour sa potion magique.
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Invité
de
whiskycircus - Lundi 17 avril 2006
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Serge
Valentin!
On ne
présente plus le membre
des MaltManiacs, grand rédacteur de
notes de
dégustation devant l'éternel. Retrouvez ses
commentaires (en anglais) sur son site
Whiskyfun.
Merci pour ta
participation Serge;)
Inchgower
1967/1988
46%, Moon Import 'The Costumes', butt #788, 556
bottles
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Sans
doute certains s’attendaient-ils à ce
que je choisisse un autre malt – par exemple un Brora, un
vieux Clynelish ou un Ardbeg – mais j’ai
préféré cet Inchgower, ce pour
plusieurs
raisons. D’abord, Inchgower fait partie de ces distilleries
obscures, qui n’attirent que peu l’attention des
amateurs. Elle n’est pas sur Islay, n’a pas
été réduite au silence lors des vagues
de
fermeture des années 80, n’est que rarement
disponible en embouteillage officiel (gage de
notoriété), et est par conséquent loin
d’être un « blue chip ». Et
pourtant, il
y eut de merveilleux Inchgower (et quelques versions pas
terrible-terrible, il faut bien l’avouer). Ensuite, cette
version a été distillée dans les
années 60, et Dieu sait que nombre de malts merveilleux
proviennent des années 60. Et puis,
l’embouteilleur
est Italien, et les Italiens ont joué un rôle
fondamental dans l’histoire des single malts,
puisqu’ils ont été les premiers, avant
les
Ecossais eux-mêmes, à chanter les louanges de ce
breuvage et à l’importer. Peut-être
aussi les
premiers à fabriquer des faux, d’ailleurs. Il
s’agit aussi d’une version
élevée dans
d’authentiques fûts de Xérès
(sherry),
et ces derniers sont en voie de disparition. Et enfin,
l’étiquette est superbe, et montrer des costumes
d’Indiens sur une étiquette de whisky
relève
d’un sens de l’innovation quelque peu
débridé. Je préfère cela
à une
tête de cerf, pas vous ? Mais assez de bavardage,
dégustons maintenant cet Inchgower, si vous le voulez
bien… (désolé de ne vous offrir
qu’un
plaisir par procuration – et aussi un peu de
maltopornographie, version whisky-esque de
l’oenopornographie qui sévit dans les clubs de vin
et les revues spécialisées du monde
entier.)
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Couleur
: ambre profond – un vrai bijou de
grand-mère. Nez
:
beaucoup de vivacité dès le début,
avec un
peu de caoutchouc (chambre à air de bicyclette), typique
de beaucoup de versions « Xérès
». Ces notes un peu perturbantes disparaissent
cependant rapidement, pour laisser place à des
arômes de torréfaction, de fruits secs
(gâteau
de Noël anglais ou américain) et de chocolat
–
ne me demandez pas de quelle marque. Notes de praliné
chaud, de capuccino, ainsi que des touches fumées assez
marquées - Inchgower employait un malt plutôt
tourbé à l’époque. Le malt
devient
ensuite assez viandé, avec des notes de gibier, de sauce
soja, de livèche (cette plante qui sent le Maggi mais dont
pas un seul gramme n’entre dans la composition), de
vinaigre balsamique (le vrai, hein, pas la catastrophe en
bouteille que l’on nous vend dans les
supermarchés)… |
Il
s’agit d’un
développement très classique pour un
très bon vieux
« Xérès ». Arrivent
enfin des notes résineuses, de cire d’abeille, de
ruche (à vérifier en prenant ses
précautions), de cuir fraîchement ciré,
d’oranges amères… Vraiment
très bon,
notamment en raison de ces surprenantes notes fumées. Bouche :
l’attaque est étonnamment aérienne,
dénuée de toute lourdeur. Ce n’est pas
un
sherry falstaffien comme beaucoup d’autres. Certes, il y a
beaucoup de marmelade d’orange (de chez Robertson’s
!), de fruits confits, de notes de vieux rhum, de fumé,
mais aussi quelque chose d’assez vif (sucre glace) pour
équilibrer le tout. Arrivent ensuite les notes de poudre
de cacao (Van Houten bien sûr), de liqueurs de fruits
(Mandarine Impériale), de marrons
glacés… Le
milieu de bouche est un tout petit peu plus faible, manquant un
peu de mâche (rien d’inquiétant
cependant)… Et enfin arrivent le classique café,
le
chocolat à la liqueur, les épices à
vin
chaud, le gâteau légèrement
brûlé… La
finale, quant à elle, est plutôt
longue, sur
les fruits cuits, avec quelque chose de terreux. Elle est
relativement asséchante en raison des tannins qui
commencent à s’exprimer avec une vigueur toute
syndicale (pas de politique !) Pour résumer, il
s’agit d’un « sherry monster »
très typé oloroso, offrant néanmoins
un bel
équilibre, un peu dans la lignée des plus
anciennes
versions du Macallan Gran Reserva. Un style que chacun devrait
essayer de découvrir avant qu’il ne disparaisse
à tout jamais, englouti par l’action
conjuguée des législateurs espagnols, des
compteurs
de haricots écossais et des tourbophiles du monde
entier… Ma note :
90
points (mais il aurait recueilli quelques points de plus
si la bouche avait été un peu plus «
charnue
» et la finale légèrement moins
asséchante).

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...sur
Whiskycircus!
Un nouveau
site sur le whisky… et pour quoi faire ? Y’en a
pas
assez comme ça ? L’idée a
germé dans
nos petits cerveaux imbibés de tourbe au cours
d’un
Brorainstorming acharné. Notre constat : de nombreux
dégustateurs amateurs ou professionnels aiment faire part
des différents arômes qu’ils retrouvent
dans
leur whisky ou des sensations que celui-ci leur
procure.
Ces
commentaires écrits ou oraux sont le plus souvent
très sérieux, mais parfois drôles
(volontairement ou non…), très imagés,
voire
carrément poétiques ou franchement intrigants.
Leur
point commun : quand ils émanent de vrais amoureux du
whisky, ils sont toujours le reflet de la passion qui nous anime
tous...
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