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Les enquêtes de l'inspecteur
Sherry - Lundi 17 juillet 2006
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Pourquoi des
fois il y a des
arômes tout bizarres dedans
mon whisky ? (épisode 2 – la bouse de vache)
Suite
de nos pérégrinations dans les bas-fonds aromatiques du
whisky, je m’attaque cette fois-ci à la bouse de vache. Il
s’agit d’un arôme que l’on retrouve parfois
dans certains whiskies très fermiers, et qui, honnêtement,
me fait vigoureusement saliver.
Pour
ce thème, l’Inspecteur Sherry a
préféré pour une fois prendre lui-même la
plume. Je le laisse donc retranscrire le fruit de ses investigations
(j’ai quand même assuré moi-même la
traduction, je vous épargne la version anglaise du fait de la
technicité du sujet).
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« Plus
encore que le vomi de bébé, la bouse de vache fait
l’objet d’une grosse discrimination dans les commentaires
de dégustation whiskiesques. Les informations ont
été extrêmement difficiles à réunir,
aussi en dernière instance j’ai été
contraint de faire appel à un fameux moteur de recherche sur
Internet.
En effet, chaque fois que j’évoquais auprès des
meilleurs spécialistes la question de l’arôme de
bouse de vache, les visages se fermaient, les yeux se baissaient,
même les murs des chais semblaient mal à
l’aise… Mais convaincu du bien-fondé de mon combat,
j’ai décidé de persévérer. Et il est
vrai que google nous en apprend
beaucoup sur les liens qui unissent la bouse de vache et le whisky. Un
petit détour par l’Inde, tout d’abord. A ma grande
surprise, j’ai découvert sur la toile que la bouse de
vache était le symbole des écologistes indiens.
Or, des écologistes indiens au whisky indien, l’Amrut,
chacun perçoit bien qu’il n’y a qu’un pas.
D’autant plus qu’en hindou, « bouse de vache »
se dit « gobar », c’est-à-dire, en anglais,
« va au bar ». Voilà donc un premier indice de poids
: oui, bouse de vache et whisky sont intimement liés.
Plus loin encore, du côté du Japon (un autre pays whisky !
décidément tous les indices concordent…), Mayu
Yamamoto, chercheuse au Centre médical international du Japon, a
découvert qu’une bouse de vache cuite pendant une heure et
soumise à pressurisation finit par dégager de la
vanilline, le composé aromatique que l'on trouve dans les vraies
gousses de vanille. Ce même composé que l’on
retrouve dans les whiskies ayant vieilli en fût de bourbon ! Si
ça ça n’est pas une preuve, alors je ne
m’appelle pas l’Inspecteur Sherry !
Remarquez ça tombe bien puisque je n’ai pas grand-chose
d’autre à me mettre sous la dent. Mais ces recherches ont
amplement confirmé que whisky et bouse de vache étaient
intimement liés. Cessons de rougir à cette idée !
Luttons pour que la bouse de vache redevienne honorable ! »
Voila, merci
Inspecteur. Avouons qu’à l’issue de cette
enquête à la limite de l’indigence, nous manquons
d’informations techniques sur le pourquoi de la présence
de cet arôme, mais les indices sont suffisamment concordants pour
que son existence ne soit pas remise en cause. Espérons que Ces
Messieurs Les Grands Pontes de l’industrie et de la distribution
du whisky sauront en tenir compte…
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Bunnahabhain Single Cask 1991/2005 - samedi 08 juillet 2006
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Décidément,
la Wcircus Krew ne recule devant aucun sacrifice, et c'est par une
chaleur torride que votre MC d'un jour vous fait part de ses
impressions hautement objectives concernant le whisky suivant, en
appliquant son nouveau système de notation, fruit de
brainstormings acharnés, et manifestement sans faille :
Nom de la distillerie : Bunnahabhain (4/5)
Embouteilleur : Gordon & MacPhail (3/5)
Distillé en 1991, embouteillé en 2005 (4/6)
Couleur : jolie, ambrée (5/7)
Degré d'alcool : 45° (4.5/10)
Prix : 65 E (5/9)
Nez : Indubitablement sherry. Je regrette presque que la
spécificité de bunnahabhain ne soit pas plus
marquée, elle est comme masquée (10/14)
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Bouche
: Le mariage prend bien, le sherry très présent au
début laisse petit à petit sa place au côté
salin typique de la distillerie, le tout ne manque pas de pertinence
(16/19)
Finale :
modérément longue, elle revient fort à propos sur
les deux composantes buccales susmentionnées, en les mixant
allègrement, façon noisette salée (10/13)
Overall Sensation :
C'est bien bon, mais c'est peut être un peu trop ce à quoi
on s'attendait. Ca coute 65 Euros tout de même, pour ce prix
là j'attends souvent d'un whisky un peu plus de panache que ce
dont ce bunna a fait preuve. (5/9)
La somme des différentes notes partielles donne le Wcircus Ranking (WR)™ pour ce whisky : 66.5/97
Vous
l'aurez remarqué, la notation n'est pas sur 100 points, il en
manque 3 ; ne soyez pas surpris, c'est tout simplement dû au fait
que certes la Wcircus Krew est bien consiente de la nécessaire
objectivité dont il faut faire preuve pour analyser un whisky,
qui trouve toute sa valeur dans ce puissant système de note,
toutefois, nous n'oublions pas que la valeur d'un whisky est aussi et
surtout le plaisir que l'on en retire, c'est pourquoi les deux derniers
points sont consacrés au Wcircus Enjoyment Rating (WER)™,
forme évoluée du plaisir retiré. Il y a quelques
temps, j'aurais noté ce whisky 16.5/20, le WER™ vaut donc
2,475/3. La formule de calcul restera secrète.
Finalement,
Le Wcircus Ultimate Ranking (WUR)™, somme des WR™ et
WER™, vaut 68, 975/100. Et devant tant de virgules et
d'acronymes, je pense qu'à l'avenir on en restera aux notes
toutes simples, sans additions (16.5/20 pour ce bunna, ou 83/100, comme vous voulez...)
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Strathisla Hart Brothers 34 ans 46% - mercredi 28 juin 2006
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Dégusté
en aveugle. Au nez beaucoup de matière, sherry incontestablement
(fruits secs). Je penche pour un brut de fût clairement vieux
(+/- 30 ans). Il m'évoque un "Macallan côtier". A l'aération
je sens brièvement passer un relent de déjection canine,
qui en fait ne faisait qu'annoncer les fruits qui arrivent en fanfare
(ouf). Ces fruits m'éloignent du côté
"côtier" mais je ne sais pas pourquoi je continue à pencher pour un Highland du Nord. La bouche
est plus légère (il devient évident que ce
n'est pas un brut de fût) mais avec un joli développement
(pain d'épices, orange confite). Je reviens sur le Speyside. Il
m'évoque un Macallan (pas
côtier cette fois-ci) ou les vieux Strathisla de chez Gordon
& Macphail (oui oui c'est vrai je jure j'ai pas triché). Un
peu moins bon quand même, parce qu'il manque de finesse au nez comme en bouche.
Strathisla Hart Brothers 34 ans 46%
Le nez est au-dessus de la bouche (mais non je ne suis pas en
train de vous donner un cours d'anatomie, je dis juste que je
préfère le nez de ce Strathisla à sa bouche). 17,5/20 pour Vincent. |
Les enquêtes de l'inspecteur
Sherry -
dimanche
11 juin 2006
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Pourquoi des
fois il y a des
arômes tout bizarres dedans
mon whisky ? (épisode 1 – le
vomi de
bébé)
Je
suis sûr que ça vous est
déjà arrivé.
Seul face à votre whisky, vous avez senti passer cet
arôme
furtivement, et vous avez aimé. Et pourtant, au moment de
trouver les mots pour le décrire, ceux qui vous viennent
à l’esprit sont plutôt
négatifs. Goudron,
déjection canine, chien mouillé…
C’est
là tout le mystère du whisky, on aime boire ce
qu’on n’aimerait pas manger. Oui mais
voilà, au
moment de se pencher sur les commentaires de dégustation
autorisés que l’on peut lire ici ou là,
ces termes
n’apparaissent jamais. Eh oui, il faut voir la dure
réalité en face. Parce qu’ils ont un
nom difficile
à porter, ces arômes sont le plus souvent les
victimes
d’une scandaleuse discrimination.
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Heureusement,
la WC Team veille ! A l’heure de la discrimination positive,
nous
avons décidé d’entamer une vigoureuse
action de
réhabilitation de ces arômes oubliés de
tous.
Aujourd’hui, nous inaugurons cette série
d’enquêtes de l’Inspecteur Sherry avec le
vomi de
bébé. Une fois de plus nous avons fait appel au
Malt
Maniac Serge Valentin
(Serge
il va falloir qu’on pense à te
rémunérer
comme consultant…). Il faut dire qu’aussi loin que
l’Inspecteur Sherry ait pu remonter, la première
trace de
vomi de bébé (si j’ose dire)
émane de Serge,
à propos d’un Bladnoch 1990 14 ans Straight from
the Cask
de chez Signatory Vintage. Serge est donc l’un des seuls a
avoir
osé braver ainsi le politiquement correct, pour notre plus
grand
plaisir. Je lui laisse la parole pour nous expliquer
d’où
vient ce fameux arôme de vomi de bébé.
«
Disons
qu’il m’arrive de trouver dans certains whiskies
jeunes
– mais pas seulement - et n’ayant subi que
très peu
l’influence du fût (fûts inactifs ou
‘morts’, servant quasiment de simple contenant) un
mélanges d’arômes proches du mash,
c’’est-à-dire réunissant
porridge, muesli,
purée de patates, yoghurt nature, crème sure,
levures,
mie de pain, bière etc. Je les appelle parfois
“feinty” - en français on pourrait dire
“flegmeux” (ou flegmatiques ?)
Parfois
cela
ressemble à du “vomi de
bébé”, qui est
tout de même moins gênant que “vomi de
hooligan
après la finale de la coupe
d’Angleterre”. Ces notes
sont plus distinguables lorsque le whisky n’est que
très
peu floral et/ou fruité ».
Voilà,
à la lecture de ce commentaire, on ne peut que constater la
noblesse de ces arômes de vomi de bébé.
Non pas
qu’ils représentent le summum en
matière
d’arômes whiskyesques, mais on est bien dans la
restitution
(si j’ose dire, une fois de plus)
d’arômes de
céréales, ingrédient de base du whisky
(j’aime bien le parallèle entre le vomi de
bébé et le porridge…). Alors, pourquoi
cette
infamie ? Pourquoi couvrir le vomi de bébé
d’un
voile pudique ? I have a dream… je rêve
d’un monde
dans lequel, sur les sites commerciaux vendant du whisky, on oserait
enfin parler de vomi de bébé pour
décrire des
malts un peu jeunes ou peu marqués par le fût,
certes,
mais tout à fait dignes d’être
dégustés et appréciés.
Merci, Inspecteur
Sherry, de nous avoir donné une belle leçon de
vie…
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Laphroaig "One shot" - Jean Boyer -
dimanche
4 juin 2006
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Ce
qui devait arriver arriva, WhiskyCircus se pose à la pointe
de
l'actualité en dégusant une version
très
récente de Laphroaig:
un single cask
de la toute nouvelle gamme "One Shot" de Jean Boyer,
distillée en
1998, et embouteillée en 2006 à 46°. |
Nez
: tourbé, fumé. Je répète :
tourbé,
fumé. Ben oui, j'aurais pu faire une note
poétique qui
décrirait ce Laphroaig à grands coups de
pétales
de jasmin un soir de printemps, de chambres à air de Jan
Ullrich
gravissant l'Alpe d'Huez ou encore de poils de yaks
tibétains
après la pluie, mais j'aurais d'une part
affabulé,
d'autre part oublié l'essentiel, à savoir le
côté tourbé et fumé de ce
nez par ailleurs
précis et appréciable.
Bouche
: C'est correct. On sent assez nettement que c'est un jeune whisky, il
y a un petit côté métallique, mais en
voie
d'assimilation dirais-je. Une légère
acidité
sympathique enrobe la tourbe et la fumée, un peu de
fruité qui se fait fort bien accueillir, et mine de rien on
en
arrive à la finale
qui
revient pertinemment sur l'acidité.C'est pas très
complexe, c'est pas très puissant, mais c'est efficace,
droit,
ça joue dans son registre et ça le fait bien.
La coupe du monde approchant, je me permettrais de comparer ce
Laphroaig avec l'équipe de Suisse, rigoureuse,
organisée,
sérieuse : Une équipe qui ne sera sans doute pas
championne du monde, mais qu'il ne fait pas bon sous estimer. Pareil
pour ce laphroaig!
La
note : Passage de la phase de poule et élimination en
8° pour Benoît. Et un finaliste pour le Q/P!
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Linlithgow 30 ans - Signatory Vintage -
jeudi
11 mai 2006
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Ce
whisky au nom pratiquement imprononçable provient d'une
distillerie située dans les Lowlands qui suivant les années
s'appelait soit St-Magdalene, soit Linlithgow qui est le nom de la
ville qui l'héberge. Fermée en 1983 elle contient
des trésors sans doutes trop méconnus. Cette
version de
Signatory Vintage est un brut de fût de 1975 (30 ans) embouteillé
à 47,7%
Linlithgow 30 ans - 1975/2005
- 47,7%. Signatory Vintage.
Fût n° 96/3/39 - Hogshead - 220
bouteilles. |
| La forme de la
bouteille très réussie, la couleur vieil
or renforce l'idée de tenir un petit trésor entre
les
mains. Au premier nez,
on peut
se rendre compte immédiatement qu'il s'agit d'un malt
complexe
et fin. C'est qu'il s'agit de ne pas le déguster
après un
gros balourd genre tourbé ou un first fill sherry, non non.
Apparaissent des notes de bananes vertes, fruits exotiques puis de la
pêche et après quelques minutes
d'aération ce sont
des flaveurs de fleurs capiteuses qui se développent. En bouche,
le degré naturel est presque trop faible pour soutenir la
comparaison avec le nez. C'est huileux, de la matière,
toujours
sur les fruits exotiques en restant dans la dentelle. C'est un whisky
qui semble fragile, en équilibre, prêt
à
s'écrouler, le dernier ange de la distillerie semble dans
cette
bouteille, il était temps de le boire! Les agrumes et les
tannins font apparaitre une sécheresse en finale mais
l'ensemble est d'une haute tenue. Ce Linlithgow est effectivement un
petit trésor! 19/20
pour
Sacha. |
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Drôles
de drams
Rencontres
plus ou moins nocturnes autour d'un verre de whisky dans des lieux plus
ou moins étranges. Bien calés dans le
canapé de luxe Ikea et nous voilà parti
à la quête du St-Graal whiskiesque..
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