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Strathisla Hart Brothers 34 ans 46% - mercredi 28 juin 2006
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Dégusté
en aveugle. Au nez beaucoup de matière, sherry incontestablement
(fruits secs). Je penche pour un brut de fût clairement vieux
(+/- 30 ans). Il m'évoque un "Macallan côtier". A l'aération
je sens brièvement passer un relent de déjection canine,
qui en fait ne faisait qu'annoncer les fruits qui arrivent en fanfare
(ouf). Ces fruits m'éloignent du côté
"côtier" mais je ne sais pas pourquoi je continue à pencher pour un Highland du Nord. La bouche
est plus légère (il devient évident que ce
n'est pas un brut de fût) mais avec un joli développement
(pain d'épices, orange confite). Je reviens sur le Speyside. Il
m'évoque un Macallan (pas
côtier cette fois-ci) ou les vieux Strathisla de chez Gordon
& Macphail (oui oui c'est vrai je jure j'ai pas triché). Un
peu moins bon quand même, parce qu'il manque de finesse au nez comme en bouche.
Strathisla Hart Brothers 34 ans 46%
Le nez est au-dessus de la bouche (mais non je ne suis pas en
train de vous donner un cours d'anatomie, je dis juste que je
préfère le nez de ce Strathisla à sa bouche). 17,5/20 pour Vincent. |
Les enquêtes de l'inspecteur
Sherry -
dimanche
11 juin 2006
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Pourquoi des
fois il y a des
arômes tout bizarres dedans
mon whisky ? (épisode 1 – le
vomi de
bébé)
Je
suis sûr que ça vous est
déjà arrivé.
Seul face à votre whisky, vous avez senti passer cet
arôme
furtivement, et vous avez aimé. Et pourtant, au moment de
trouver les mots pour le décrire, ceux qui vous viennent
à l’esprit sont plutôt
négatifs. Goudron,
déjection canine, chien mouillé…
C’est
là tout le mystère du whisky, on aime boire ce
qu’on n’aimerait pas manger. Oui mais
voilà, au
moment de se pencher sur les commentaires de dégustation
autorisés que l’on peut lire ici ou là,
ces termes
n’apparaissent jamais. Eh oui, il faut voir la dure
réalité en face. Parce qu’ils ont un
nom difficile
à porter, ces arômes sont le plus souvent les
victimes
d’une scandaleuse discrimination.
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Heureusement,
la WC Team veille ! A l’heure de la discrimination positive,
nous
avons décidé d’entamer une vigoureuse
action de
réhabilitation de ces arômes oubliés de
tous.
Aujourd’hui, nous inaugurons cette série
d’enquêtes de l’Inspecteur Sherry avec le
vomi de
bébé. Une fois de plus nous avons fait appel au
Malt
Maniac Serge Valentin
(Serge
il va falloir qu’on pense à te
rémunérer
comme consultant…). Il faut dire qu’aussi loin que
l’Inspecteur Sherry ait pu remonter, la première
trace de
vomi de bébé (si j’ose dire)
émane de Serge,
à propos d’un Bladnoch 1990 14 ans Straight from
the Cask
de chez Signatory Vintage. Serge est donc l’un des seuls a
avoir
osé braver ainsi le politiquement correct, pour notre plus
grand
plaisir. Je lui laisse la parole pour nous expliquer
d’où
vient ce fameux arôme de vomi de bébé.
«
Disons
qu’il m’arrive de trouver dans certains whiskies
jeunes
– mais pas seulement - et n’ayant subi que
très peu
l’influence du fût (fûts inactifs ou
‘morts’, servant quasiment de simple contenant) un
mélanges d’arômes proches du mash,
c’’est-à-dire réunissant
porridge, muesli,
purée de patates, yoghurt nature, crème sure,
levures,
mie de pain, bière etc. Je les appelle parfois
“feinty” - en français on pourrait dire
“flegmeux” (ou flegmatiques ?)
Parfois
cela
ressemble à du “vomi de
bébé”, qui est
tout de même moins gênant que “vomi de
hooligan
après la finale de la coupe
d’Angleterre”. Ces notes
sont plus distinguables lorsque le whisky n’est que
très
peu floral et/ou fruité ».
Voilà,
à la lecture de ce commentaire, on ne peut que constater la
noblesse de ces arômes de vomi de bébé.
Non pas
qu’ils représentent le summum en
matière
d’arômes whiskyesques, mais on est bien dans la
restitution
(si j’ose dire, une fois de plus)
d’arômes de
céréales, ingrédient de base du whisky
(j’aime bien le parallèle entre le vomi de
bébé et le porridge…). Alors, pourquoi
cette
infamie ? Pourquoi couvrir le vomi de bébé
d’un
voile pudique ? I have a dream… je rêve
d’un monde
dans lequel, sur les sites commerciaux vendant du whisky, on oserait
enfin parler de vomi de bébé pour
décrire des
malts un peu jeunes ou peu marqués par le fût,
certes,
mais tout à fait dignes d’être
dégustés et appréciés.
Merci, Inspecteur
Sherry, de nous avoir donné une belle leçon de
vie…
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Laphroaig "One shot" - Jean Boyer -
dimanche
4 juin 2006
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Ce
qui devait arriver arriva, WhiskyCircus se pose à la pointe
de
l'actualité en dégusant une version
très
récente de Laphroaig:
un single cask
de la toute nouvelle gamme "One Shot" de Jean Boyer,
distillée en
1998, et embouteillée en 2006 à 46°. |
Nez
: tourbé, fumé. Je répète :
tourbé,
fumé. Ben oui, j'aurais pu faire une note
poétique qui
décrirait ce Laphroaig à grands coups de
pétales
de jasmin un soir de printemps, de chambres à air de Jan
Ullrich
gravissant l'Alpe d'Huez ou encore de poils de yaks
tibétains
après la pluie, mais j'aurais d'une part
affabulé,
d'autre part oublié l'essentiel, à savoir le
côté tourbé et fumé de ce
nez par ailleurs
précis et appréciable.
Bouche
: C'est correct. On sent assez nettement que c'est un jeune whisky, il
y a un petit côté métallique, mais en
voie
d'assimilation dirais-je. Une légère
acidité
sympathique enrobe la tourbe et la fumée, un peu de
fruité qui se fait fort bien accueillir, et mine de rien on
en
arrive à la finale
qui
revient pertinemment sur l'acidité.C'est pas très
complexe, c'est pas très puissant, mais c'est efficace,
droit,
ça joue dans son registre et ça le fait bien.
La coupe du monde approchant, je me permettrais de comparer ce
Laphroaig avec l'équipe de Suisse, rigoureuse,
organisée,
sérieuse : Une équipe qui ne sera sans doute pas
championne du monde, mais qu'il ne fait pas bon sous estimer. Pareil
pour ce laphroaig!
La
note : Passage de la phase de poule et élimination en
8° pour Benoît. Et un finaliste pour le Q/P!
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Linlithgow 30 ans - Signatory Vintage -
jeudi
11 mai 2006
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Ce
whisky au nom pratiquement imprononçable provient d'une
distillerie située dans les Lowlands qui suivant les années
s'appelait soit St-Magdalene, soit Linlithgow qui est le nom de la
ville qui l'héberge. Fermée en 1983 elle contient
des trésors sans doutes trop méconnus. Cette
version de
Signatory Vintage est un brut de fût de 1975 (30 ans) embouteillé
à 47,7%
Linlithgow 30 ans - 1975/2005
- 47,7%. Signatory Vintage.
Fût n° 96/3/39 - Hogshead - 220
bouteilles. |
| La forme de la
bouteille très réussie, la couleur vieil
or renforce l'idée de tenir un petit trésor entre
les
mains. Au premier nez,
on peut
se rendre compte immédiatement qu'il s'agit d'un malt
complexe
et fin. C'est qu'il s'agit de ne pas le déguster
après un
gros balourd genre tourbé ou un first fill sherry, non non.
Apparaissent des notes de bananes vertes, fruits exotiques puis de la
pêche et après quelques minutes
d'aération ce sont
des flaveurs de fleurs capiteuses qui se développent. En bouche,
le degré naturel est presque trop faible pour soutenir la
comparaison avec le nez. C'est huileux, de la matière,
toujours
sur les fruits exotiques en restant dans la dentelle. C'est un whisky
qui semble fragile, en équilibre, prêt
à
s'écrouler, le dernier ange de la distillerie semble dans
cette
bouteille, il était temps de le boire! Les agrumes et les
tannins font apparaitre une sécheresse en finale mais
l'ensemble est d'une haute tenue. Ce Linlithgow est effectivement un
petit trésor! 19/20
pour
Sacha. |
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Drôles
de drams
Rencontres
plus ou moins nocturnes autour d'un verre de whisky dans des lieux plus
ou moins étranges. Bien calés dans le
canapé de luxe Ikea et nous voilà parti
à la quête du St-Graal whiskiesque..
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Linlithgow 30 ans
Faut-il mettre de l'eau dans
son whisky?
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